Question récurrente : jusqu’où es-tu remonté dans ton arbre généalogique ?


recherches généalogiques / jeudi, novembre 19th, 2020

article rédigé dans le cadre du ChallengeAZ 2020

C’est systématique, quand quelqu’un apprend que je fais de la généalogie, la première question est « jusqu’où es-tu remonté ? » Et je réponds souvent différemment en fonction de mon interlocuteur, de mon humeur ou du temps que j’ai pour développer :

  • jusqu’à WOLF Louis, instituteur dans le petit village d’Achen vers 1670, mon plus lointain ancêtre WOLF attesté
  • jusqu’au début des registres paroissiaux au 17è siècle sur à peu près toutes les branches de mon arbre, et j’ai la majorité des actes Lorrains, Alsaciens, Allemands et Autrichiens pour les sourcer
  • jusqu’à Charlemagne, c’est pas compliqué 9 européens sur 10 descendent de lui, et il suffit souvent de trouver une ancêtre noble qui épouse un roturier, par exemple dans mon arbre Margret von MAINZWEILER, pour ensuite pouvoir remonter jusqu’à lui
  • jusqu’à Clovis, roi des Francs, lointain ancêtre de Charlemagne, qui en plus d’être le premier des Mérovingiens parlait déjà le « platt » comme le reste de ma famille
  • jusqu’à Ramses II, en me basant sur les hypothèses discutées/discutables des liens entre les familles du Moyen-Age et de l’Antiquité, et notamment les ancêtres de Constance de Provence
  • jusqu’à mon « Adam génétique », présent en Afrique de l’Est il y a environ 275 000 ans, comme mon haplogroupe paternel est de type « A » suite à l’analyse de mon test ADN

Chaque généalogiste a bien entendu ses propres réponses à un telle question, et c’est souvent lié à ce qui l’a motivé à entreprendre des recherches, ou aux approches et méthodes qu’il met en oeuvre. Heureusement, c’est de moins en moins pour se trouver du sang royal, ou un concours de celui qui a le plus gros arbre…

Moi j’ai choisi de mixer dans une même quête, et du coup dans un même arbre et un même site, 3 sujets qui me passionnent :

  • l’histoire de mes ancêtres proches et lointains, de leurs villages, leurs métiers, leurs relations, leur vie quotidienne, …
  • l’Histoire de la Lorraine et de l’Alsace, et plus largement l’histoire politique de l’Europe et de ses dynasties régnantes
  • la révolution génétique et ce que les tests ADN peuvent nous apprendre sur nos origines

Les registres paroissiaux et d’état-civil

A ce jour, j’ai photographié plus de 1500 actes paroissiaux et d’état-civil concernant mes ancêtre directs. Ils sont reliés à mes ancêtres dans mon logiciel Heredis, sur mon arbre public Geneanet, et je les publie aussi sur mon site par patronyme ou par lieu, pour que les autres généalogistes puissent les récupérer s’ils ont besoin de valider leurs sources.

Les plus anciens actes sont logiquement dans les villages où les registres ont démarré très tôt. Comme ce mariage entre JOSSI Joannes et ENGEL Anna le 9 janvier 1558 à Grindelwald en Suisse.

Mais généralement, mes branches « non nobles » remontent jusqu’au 17è siècle, comme le montre l’outil de visualisation Exploring Family Trees.

On descend tous d’un roi et d’un pendu

« Tout homme descend à la fois d’un roi et d’un pendu », disait La Bruyère. Personnellement je descends plutôt d’un roi et d’une sorcière brûlée sur le bûcher.

5 à 6 différentes branches d’ancêtres de la petite noblesse germanique, mariés à des branches roturières, me permettent de remonter à des branches de la noblesse européennes et de me raccrocher à la dynastie Capétienne. Pour ce genre de recherches, les actes n’existent pas, il faut se fier aux sources historiques et aux arbres généalogiques anciens considérés comme les plus « sérieux », comme par exemple la base collaborative Roglo. Et en même temps se méfier des arbres faussement nobles qu’on trouve parfois sur Geneanet… Sur Exploring Family Trees c’est très net : seules quelques branches de mon arbre parviennent à dépasser le 16e siècle, et se transforment en nouveaux arbres au Moyen-Age.

Le roi le plus proche que j’ai trouvé dans mon arbre est Louis VIII, dit le Lion, roi de France de 1223 à 1226, fils de Philippe Auguste et d’Isabelle de Hainaut. C’est rare, mais on peut parfois avoir la chance de trouver des documents historiques de cette période qui ont été numérisés, comme ce testament de Louis VIII conservé aux Archives Nationales.

Testament du roi Louis VIII. Cote AE/II/223.

Mais je descends encore plus directement de HEMMERT Marguerite, brûlée pour sorcellerie le 16 octobre 1673 à Diemeringen.

Et l’acte qui la condamne au bucher m’est tout aussi précieux que le Testament des Archives Nationales 🙂

Est-ce qu’on descend tous aussi d’un empereur romain ou d’un pharaon ?

Autrement dit, est-ce qu’une fois arrivé au Moyen-Age, on peut trouver des branches qui nous mènent aux familles antiques Romaines, voire aux pharaons d’Egypte ?

A ce stade il ne s’agit plus vraiment de généalogie, mais plutôt d’histoire. Et certains historiens se sont fait une spécialité d’étudier la généalogie et les filiations des personnages du haut Moyen Âge et de l’Antiquité. Il y a quelques années j’avais lu 2 livres particulièrement intéressants sur le sujet, tous deux de Christian Settipani : La Préhistoire des Capétiens, et Nos Ancêtres de l’Antiquité.

Et tout récemment dans le cadre du salon virtuel Gene@Event2020 cet historien a fait une conférence vidéo intitulée « Jusqu’où peut-on remonter ? », en apportant les précisions suivantes : « tout ce qui va suivre reste hypothétique, il n’existe pas de preuve documentaire du lien entre les familles de l’Antiquité et du Moyen-Age. Mais hypothétique ne veut pas dire fantaisiste : le contexte historique et une connaissance approfondie des familles aux époques charnières, permettent de formuler des thèses tout à fait acceptables.« 

Si vous vous intéressez aux généalogies de cette période, cette vidéo est incontournable car il y présente les résultats des toutes dernières recherches historiques en la matière. D’ailleurs je vais devoir corriger certaines hypothèses de mon arbre…

Dans tous les cas on descend tous de Sapiens

Au-delà des registres, au-delà des hypothèses historiques, il y a désormais l’ADN ! Les réfractaires diront que ce n’est pas de la généalogie mais de la génétique, voire du charlatanisme 🙂 Pour m’y être plongé depuis plus de 2 ans maintenant, mon retour d’expérience est que la généalogie génétique est avant tout un excellent complément à la généalogie « documentaire ». Et que quoiqu’on en pense, les exemples de blocages généalogiques qui ont été résolus par l’analyse de tests ADN sont de plus en plus nombreux !

Pour ma part j’y découvre fréquemment de nouveaux cousins génétiques, avec qui je collabore pour trouver nos ancêtres communs, de la même manière que je continue à collaborer avec des membres de Geneanet pour progresser sur ma généalogie « classique ». Et un outil comme Theory of Family Relativity de MyHeritage est un excellent exemple de la complémentarité généalogie génétique / généalogie traditionnelle : de toute façon on en revient tôt ou tard systématiquement aux arbres et aux actes pour confirmer les correspondances identifiées par l’ADN.

Mais au-delà des cousins génétiques, la connaissance de notre ADN peut nous mener jusqu’à nos ancêtres préhistoriques, et voir comment notre branche se rattache au grand arbre de l’humanité, en identifiant nos haplogroupes paternels et maternels.

Comme l’écrit Evelyne Heyer dans L’Odyssée des Gènes, « nous avons tous parmi nos ancêtres au moins un ancien agriculteur cultivateur de riz autour du fleuve Yang-Tsé, un Sibérien chasseur d’ours, un Africain chasseur d’éléphants, un érudit de Babylone, un Papou mangeur de cochon… » qui vivait il y a environ 5 000 ans.

Mes recherches du moment via l’ADN : retracer les migrations de mon Adam génétique, depuis l’Afrique, berceau de l’humanité !

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2 réponses à « Question récurrente : jusqu’où es-tu remonté dans ton arbre généalogique ? »

  1. […] A : Mon arrière-grand-père AST Antoine dans l’armée impériale Allemande lors de la 1ère guerre mondiale B : Histoires et photographies de la famille BECK de Etting au fil des siècles C : Estimer le degré de parenté grâce à l’ADN partagé exprimé en centimorgan D: Le bon roi Dagobert, mon ancêtre à la 42ème génération E: A l’Ecole Nationale des Chartes, aperçu de la formation « Généalogie approfondissement«  F : FamilyTreeDNA affine les origines ethniques issues de son test ADN G : A la recherche du couple GRAFF – SCHADENFROH : mes ancêtres bavarois introuvables H : Les haplogroupes sont désormais disponibles sur Geneanet ADN I : La formation de généalogie successorale de l’IFFG J : Jubilé de diamant de la reine Victoria en 1897 : la magnifique photo de la famille RUSSELL K : KELLER, NAFZIGER, GUNGRICH : les origines de mes ancêtres anabaptistes, mennonites et amish L : Avec la famille LILJEGREN, mes premières recherches généalogiques en Suède M : Matricula offre la consultation gratuite de divers registres autrichiens, luxembourgeois, allemands, slovènes… N : New York 1846 : la famille WOLF de Achen débarque en Amérique O : L’Odyssée des gènes, une aventure passionnante P : La biographie de PERCIVAL David Eyre, grand-père de ma femme Q : Question récurrente : jusqu’où es-tu remonté dans ton arbre généalogique ? […]

  2. Cet article fait bien le tour de la Question !
    Avoir remonté une piste qui m’amène jusqu’à Charlemagne m’a bien intéressée, même si c’est très banal de l’avoir comme ancêtre. Mais, j’aime bien imaginer que je vais l’appeler « Grand-père » !

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