Histoire de la commune de Achen


histoire familiale / lundi, novembre 5th, 2018

Voici la transcription de l’histoire de la commune de Achen, rédigée en 1978 par mon grand-père Jacques Sadler dans le livret d’une kermesse.

 

Commune du canton de Rohrbach lès Bitche depuis 1790, altitude de 250 m, située au confluent du ruisseau dit l’Achen et du ruisseau de Singling. En 1246 s’écrit Acchene, 1553 Achen comme depuis sans changement.Il semble qu’Achen fut propriété du Comte de la Petite Pierre (Lutzelstein) et occupé par le Duc de Lorraine qui réunit le village à sa seigneurie de Bitche; celle ci fut donnée (1238 1274) au fils du duc Ferry 11, Réginald, en même temps comte de Blieskastel.Ainsi on comprend le traité de 1246 par lequel le duc Mathieu Il promit, quand il aurait recouvré la seigneurie de Bitche, de rendre Achen au comte de la Petite Pierre. Dans la suite, le comte Hugues paraît être rentrée de fait en possession d’Achen, car, en 1272, il donna le patronnage et la dîme d’Achen à l’abbaye de Sturzelbronn, qui les rétrocédera, en 1621, au duc de Lorraine en échange de 6 maldres de sel de Dieuze; et, en 1382, le comte Henri prétend tenir Achen en fief de l’empire.En 1457, Wolter de Thann engagea ses droits, biens et gens à Achen à Guillaume de Fénétrange, dont les droits passèrent après sa mort en 1472 à sa nièce, Barbe de Fénétrange, et à son époux, comte Nicolas Mörs-Sarrewerden.Le 12.7.1553, le comte de Nassau Sarrebruck céda Achen à Jacques de la Maison de Deux Ponts qui, en 1297, avait acquis la seigneurie de Bitche.En 1572, la seigneurie est occupée par le Duc de LorraineDepuis cette date, Achen a partagé le sort du duché de Lorraine.

 

le village et ses habitants

Les plus anciens recensements connus remontent à la première moitié du 16e siècle. On notait alors seulement les foyers. Achen était un des plus grands villages de la seigneurie de Bitche. A une certaine année, Achen comptait 71 foyers contre 67 à Bining, 62 à Kalhausen, 54 à Rohrbach, 45 à Gros Réderching, 28 à Etting, 26 à Enchenberg, 22 à Lemberg, 4 à Lambach et à Siersthal,D’autres recensements donnent 65 foyers en 1539, 66 en 1586, 68 en 1606, 80 en 1621, 71 en 1622, 81 en 1626, En multipliant chaque foyer par 5 ou 6, cela correspond à une population d’environ 450 habitants à la veille de la Guerre de Trente Ans.En 1627 la peste éclata dans la région et trouva de nombreuses victimes à Achen. Les années de guerre, spécialement 1634/35 firent partir les survivants. Ainsi toute la région se trouva abandonnée, sans signe de vie, comme un désert.Pourtant en 1661, la vie reprit doucement. Des colons essayèrent de s’installer, mais furent obligés de se retirer. En 1680 Achen compta de nouveau 28 foyers (Etting et Kalhausen compris); en 1708 il y en a déjà 41 et en 1783 110, soit environ 600 habitants.Depuis cette date les différents recensements donnent les chiffres suivants : 1803 769, 1810 855; 1820 835; 1830 964; 1856 863; 1861 942; 1866 1005; 1875 933; 1880 874; 1890 785; 1900 763, 1905 783; 1910 825; 1925 797; 1939 785; 1946 736; 1954 784, 1962 857, 1968 875; 1975 883.Le repeuplement des villages dévastés pendant la Guerre de Trente Ans a été assuré en grande partie par des immigrés venus de Suisse, du Tyrol, du Pays de Bade, de la Bavière et des Ardennes.

le ban d’Achen

Le ban s’étend sur une superficie de 1212 ha, soit 746 ha de. terres, 310 ha de prés, 75 ha de bois (privés) 5 ha de landes, 9 ha de jardins, sols 36 ha, étang 1 ha et casemates 30 ha. Le ban est limité par les bans de Wiesviller, Gros-Réderching, Singling, Etting, Kalhausen, Weidesheim et Wittring. La commune est traversée du NE au SO par le ruisseau l’Achen qui prend sa source près de la Ferme de Brandelfing et qui se jette dans la Sarre près de Weidesheim après un cours de 12,5 km de longueur. Dix moulins ont tourné sur cette jolie rivière, dont 5 à Achen. Signalons que les nombreux membres de la Société de Pêche « Le Vairon » peuvent s’en donner à coeur joie à leur passe temps favori, car la rivière est très poissonneuse. L’ancien pont au centre de la commune et qui comprenait 5 arches, a été dynamité en 1940. Il a été remplacé par un pont en béton d’une seule jetée. Une statue de St. Jean Népomucèce est dressée sur son parapet.Deux routes départementales se croisent au centre de la localité, la CD 84 et la CD 110 H.Le relief varié et accidenté a entraîné la construction d’ouvrages importants de la Ligne Maginot et notamment du Haut Poirier. (On en parlera plus loin).

les moulins et les écarts

1) Le Walkmuehle fut donné à un nommé Louis Muller par le comte Jacques de Deux Ponts, seigneur de Bitche et de la moitié de Lichtenberg, en location viagère en 1546. En 1572, Laurent Muller y était meunier. Dix ans plus tard, on lui permit de transférer ce moulin à blé au village, où il est devenu très probablement le Neumuehle, et le moulin même fut changé en moulin à foulon. Mentionné de 1661 à 1703 comme étant détruit, Jean Funfrock eut, le 20.5.1733, de la duchesse régente la permission de le reconstruire, à charge de lui donner une dîme de 14 F par an.
Le nommé Antoine Muller de Sarre Union profita de cette autorisation. En 1867, ce moulin appartenait à un certain Pierre Gross d’Achen dont le fils lui a rendu en 1908, sa destination première de moulin à blé. N’est plus exploité par son propriétaire actuel Dross Denis.

2) Le Neumuehle, en plein village, mentionné pour la première fois en 1612, appartenait à Jean Zoller. Ce moulin, détruit pendant la guerre de Trente Ans, fut vendu après la reconstruction à Nicolas Muller, les héritiers de Jean Zoller. Le propriétaire actuel de ce moulin, à usage d’habitation, est Antoine Assant.3) L’Altmuehle, habité avant la Guerre de Trente Ans, en 1570 par Etienne Muller et enfin en 1612 par Jean Vogel, fut complètement détruit pendant la dernière guerre.4) L’Oligmuehle, à 800 m de L’Altmuehle, est mentionné pour la première fois en 1729, son propriétaire de l’époque étant un certain Wittbrauch. Les propriétaires suivants furent Jean Nicolas Schmitt de 1762 à 1782; son fils Jean Schmitt. Lui succéda Jean Freyermuth Eve Herzog, puis le moulin passa aux enfants et petits enfants de ces derniers, jusqu’en 1878 où les exploitants se retirèrent à Rahling. Le nouveau propriétaire Etienne Bertran le vendit en 1890 à Charles Gross de Bining (épouse Hoffmann Barbe). Le gendre de ces derniers, Jean Assant l’exploita jusqu’à ces dernières années et ce moulin suivit le sort des autres en 1971.5) Le Gallenmuehle est le 5e moulin sur l’Achen sur notre ban. D’après la tradition locale, un certain Gall, immigré de Suisse, aurait donné son nom au Gallenmuehle. Ce moulin vers 1725, propriété d’un Philippe Seyler qui l’avait acheté pour 875 écus (Taler) à son père Pierre Seyler, est resté propriété de cette famille jusqu’en 1896. Propriétaire actuel Eymann Jeanne, mais le Gallenmuehle est muet, comme tous les autres.6) Le village disparu de Pfaffenthal n’a laissé aucun souvenir.7) Le moulin disparu Naumuehle fut mentionné en 1758.8) Le Val d’Achen regroupe les logements d’officiers et de sous-officiers construits avant guerre pour les militaires du 153e R.I.F. en garnison à Achen. Le casernement lui même est complètement détruit.

deuxième guerre mondiale

Evacuation de la commune le 1.9.1939 en Charente, à Condac, Jarnac, Bioussac, Poursac et Barro; la mairie était repliée à Condac. Retour au pays le 1er octobre 1940.Bombardement du village le 7.12.1944. Libération par les troupes américaines le 8.12.1944, mais lors de l’offensive von Rundstett, les Allemands revinrent jusqu’à l’entrée nord de la commune où de terribles combats se déroulèrent le 3 janvier 1945 (Rue de Wiesviller). Pourtant les Allemands ‘furent définitivement refoulés le lendemain.La commune fut citée à l’ordre de la Brigade le 11.11.1948. « Commune de Lorraine très éprouvée par les bombardements et les combats qui ont été livrés sur son territoire, Achen compte 9 tués et 8 blessés. Evacuée d’office dès septembre 1939, la population, à son retour en octobre 1940, fut l’objet de nombreuses vexations et sollicitations de la part de l’ennemi, mais elle resta fidèle à la Mère Patrie. Par son attachement à la France et par ses sacrifices, Achen s’est acquis des droits à la reconnaissance du Pays ». Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de bronze. Achen a payé un lourd tribut lors des deux guerres mondiales. 20 victimes de la guerre 1914/18; 2 victimes de la guerre 1939/40; 14 Malgré-Nous tombés ou non rentrés en 1940/45, 10 victimes civiles des bombardements: commune sinistrée à 48 %.

équipements et réalisations

La municipalité a réalisé un important programme de travaux :Réfection des écoles primaires, construction d’une nouvelle école Rue du Haut Poirier, création d’une école maternelle à 2 classes, adduction d’eau en 1955, terrain de sports avec vestiaires, assainissement en cours, lotissement de 17 terrains à bâtir, un 2eme lotissement avec 22 terrains est en cours de réalisation en face du ler, place des fêtes, éclairage public modernisé, réalisation de trottoirs le long des C.D., construction d’abri bus, réfection de l’église, nouveau cimetière, antenne collective de télévision.De nombreuses résidences secondaires se sont implantées, surtout au Naugarten dans la vallée de l’Achen vers Grosréderching, et autour de l’étang Saint Pierre construit par la Société de Pêche au lieu dit Salwies.Signalons aussi que la station d’épuration de l’assainissement sera réalisée par le Syndicat Intercommunal Achen Etting au Val d’Achen.

économie

Jusqu’en 1939, Achen est essentiellement une localité agricole. Petites exploitations familiales d’une moyenne de 5 ha. Peu de rentabilité d’où niveau dei vie assez bas. Les terres sont trop morcelées, plus de 10.000 parcelles pour 1212 ha, soit une moyenne de 12 a par parcelle.Depuis 1945 on assiste à une transformation profonde de la vie économique. Les jeunes sont attirés par l’industrie et surtout au début par les Houillères du Bassin de Lorraine qui assurent un ramassage par car pour Merlebach et Petite Rosselle. Les gains assez élevés vont améliorer le niveau de vie, d’où constructions nouvelles modernes, transformations intérieures des immeubles, surtout après la réalisation du réseau d’eau en 1955. En même temps les petites exploitations agricoles disparaissent; à l’heure actuelle il en reste à peine une dizaine. Les petits artisans, charron, peintre, maréchal ferrant, sellier bourrelier, cordonnier, tailleur, disparaissent à leur tour. Achen est devenue une commune dortoir. Chaque jour de nombreux sures de Deux Ponts et Pirmasens). Une centaine d’élèves quittent égale cars emmènent une grande partie de la population à Sarreguemines (industries diverses; aux Houillères, en Allemagne dans les usines de chaussures de Deux Ponts et Pirmasens. Une centaine d’élèves quittent également la localité pour le C. E. S. de Rohrbach lès Bitche ou les différents lycées de Sarreguemines.Il ne reste actuellement comme commerces que deux épiceries, trois restaurants, un bazar, une entreprise artisanale de maçonnerie, un atelier de réparation de machines agricoles.La Menuiserie S. A. Muller est la seule grande entreprise de la localité avec une cinquantaine d’employés. L’usine située Rue du Moulin et équipée de machines très modernes et peut, être considérée comme l’une des plus importantes du département. L’annexe de cette usine, ‘Eurocuisine’ livre des cuisines incorporées dans toute la région.Quelles sont les perspectives d’avenir de notre Commune ? Il semble que son rôle se limitera à rester une commune dortoir, qui se modernisera de plus en plus et où il fera bon vivre, à l’écart de la grande ville, sans en être trop éloignée pour autant.

les armoiries


« Coupé de gueules au chevron ployé d’argent et à deux clés d’or réunies en chevron versé brochant et d’or à la Croix de Lorraine de gueules ». (Arrêté préfectoral du 14 mars 1950)La partie supérieure représente les armoiries du comte de La Petite Pierre et la partie inférieure celles du comte de Bitche, Les deux clés sont les attributs de Saint Pierre, patron de la paroisse.

liste des maires connus

1573 Walbruss Jean
1574 Hannes Nicolas
1576 Fund Jacques
1582 Grossmann
1584 Fund Jacques
1588 Grossmann Sébastien
1599 Grossmann Jean
1621 Muller Nicolas
1630 Geiskopf Jean
1631 Bosch Michel
1631 Edighoffen Jean
1667 Muller Thiébault
1670 Zoller Jean Jacques
1671 Fund Nicolas
1676 Berklinqer Thiébault
1698 Freyermuth Jacques
1745 Schmit Remi
1751 Hoffmann Philippe
1753 Mayer Blaise
1754 Schmitt Remi
1758 Lemmer Jean Pierre
1787 Krebs Nicolas
1793 Freyermuth Jean Nicolas
1802 Hoffmann Martin
1804 Wagner Nicolas
1807 Hoffmann Jean Baptiste
1808 Assant Joseph
1815 Schmitt Jean
1823 Muller Georges
1826 Wagner Nicolas
1833 Bach François
1843 Pfister Augustin
1846 Muller Hubert
1848 Kimmel Jean
1851 Lilpob Nicolas
1852 Muller Hubert
1859 Bach Guillaume
1869 Freyermuth Jean
1874 Krebs Paul
1889 Jacobi Nicolas
1910 Kimmel Guillaume
1911 Illig Paul
1930 Rimlinger Jean
1940 Krebs François
1945 Assant Jean
1953 Bach Jacques
1965 Illig Joseph

le commandant Blaise Illig


Blaise Illig, né le 22.10.1851 à Achen, fils de Henri et d’Anne Dehlinger, s’engagea le 11.9.1872 au 88e Régiment d’Infanterie à Cahors. Sous Lieutenant le 27.4.1878 au 122e Régiment d’Infanterie à Montpellier, prit comme tel part à la Campagne de Tunisie. Capitaine trésorier en 1890 au 72e Régiment d’Infanterie en garnison à Amiens. Prit sa retraite le 15. 10. 1906 et se retira à Nancy. Au début de la guerre 1914/18 chef de bataillon au 42e Régiment Territorial à Nancy. Quitta définitivement l’armée en juin 1917. En 1918, il revint à Achen, son village natal, où il décéda le 19.3.1926.Il était décoré de la Légion d’Honneur.

Le Commandant est l’auteur d’une monographie sur Achen éditée en 1928 par l’Abbé J. Touba.

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