Estimer le degré de parenté grâce à l’ADN partagé exprimé en centimorgan


adn / mardi, novembre 3rd, 2020

article rédigé dans le cadre du ChallengeAZ 2020

Après avoir fait un test ADN, vous vous retrouverez rapidement avec plusieurs centaines voire plusieurs milliers de cousins génétiques, plus ou moins lointains.

En fonction du laboratoire où vous avez effectué votre test, vous aurez des estimations sur le degré de parenté que vous pouvez avoir avec chacun de ces cousins génétiques. Par exemple :

Estimation d’une relation sur MyHeritage
Estimation d’une relation sur 23andMe

Ces estimations sont basées sur plusieurs données, et notamment le total de l’ADN partagé, le nombre de segments que vous partagez et la taille du segment le plus long, exprimé en centimorgan (cM).

Plus le segment partagé est long, plus la probabilité qu’il ait été hérité d’un ancêtre commun est grande. Mais ces estimations indiquées par les laboratoires de tests manquent souvent de précision pour déterminer le degré de parenté.

Qu’est-ce que le centimorgan (cM) ?

Je reprends ici la définition d’Ancestry DNA, qui est relativement claire malgré la complexité du sujet.

« Un centimorgan est une unité utilisée pour mesurer la probabilité qu’une portion d’ADN sera transmise intacte à un descendant (plutôt que d’être divisée en plusieurs segments). Un centimorgan représente une chance d’un pourcent qu’une section d’ADN se divise en plusieurs segments (se recombine) en une génération.

Les centimorgans ne sont pas des unités de distance physique, mais plutôt des unités de probabilité. En général, plus la quantité de centimorgans que deux personnes ont en commun est élevée, plus elles sont étroitement apparentées.« 

Ce que je retiens, c’est que ce n’est pas une distance physique, mais c’est une mesure qui se comporte de la même façon, et qui permet de mesurer des distances génétiques.

Pour plus de détails, vous pouvez lire la page centimorgan sur Wikipedia.

Ou mieux, visionner la présentation de Ran Snir lors de la conférence internationale MyHeritage Live 2019.

Shared cM Project : l’outil indispensable pour estimer un degré de parenté

Shared cM Project est un site gratuit, développé par Jonny Pearl (développeur aussi de l’excellent outil DNA Painter) sur la base des recherches effectuées par Blaine Bettinger (thegeneticgenealogist.com). La toute dernière version est basée sur plus de 60 000 données croisant ADN partagé en cM et relation confirmée.

Le site est en anglais mais très facile d’usage, par contre il faudra vous familiariser avec les abréviations anglosaxonnes pour les liens de parenté (ex : 1C = cousin germain, 1C1R = cousin germain éloigné au 1er dégré, ….).

Je vais prendre un exemple. Je vois sur MyHeritage que je partage 4% d’ADN avec Floriane, pour un total de 282,2 cM.

Sur Shared cM Projet, je vais simplement saisir 282,2 dans la zone de recherche.

Un premier tableau m’indique les relations les plus probables : par exemple 60% pour qu’elle soit 1C1R ou 1C2R, c’es-à-dire cousine germaine éloignée aux 1er ou 2ème degrés, 24% pour qu’elle soit une arrière-arrière-grande-tante, etc.

Mais c’est surtout le tableau suivant qui va m’aider à mieux visualiser les relations possibles.

Toutes les cases dont la fourchette de cM ne contiennent pas 282,2 cM sont grisées. Et restent colorées celles qui pourraient correspondre.

Par exemple la case verte 1C2R, qui correspondrait en français à cousin germain éloigné au 2ème degré. 221 est la moyenne en cM pour ce degré de parenté. Et la fourchette constatée peut aller de 33 à 471 (hors cas atypiques).

Donc d’un point de vue chiffres, ce serait possible. Mais pas d’un point de vue familial, car le tableau me montre que cette personne serait 2 générations en dessous de la mienne. Or MyHeritage m’a indiqué que cette personne a la vingtaine, et il n’est pas possible qu’un de mes cousins germains ait une petite-fille de 20 ans. On peut ainsi procéder par élimination, et exclure les unes après les autres les cases « impossibles ».

Et quand le cousin génétique a également un bout d’arbre généalogique en ligne, ou que vous parvenez à collaborer pour trouver votre lien de parenté, c’est encore plus facile. Vous pouvez par exemple utiliser la version éditable de Shared cM Project, et remplacer les abréviations des liens de parenté par les vrais noms de vos ancêtres et ceux de votre cousin génétique, pour essayer d’identifier les ancêtres communs, en commençant par vous mettre dans la case SELF.

Et après échange avec ma cousine génétique, voilà ce que cela donne dans mon exemple : Floriane se trouve dans la case 2C, en français « cousine issue de germain », qui partage en moyenne 229 cM donc très proche des 282,2 cM. Nous avons le même arrière-grand-père, SADLER André, je descends de SADLER Jacques et elle de son frère SADLER Raymond.

Alors bien sur j’ai volontairement choisi un exemple parlant et qui aboutit, et c’est forcément plus compliqué quand le nombre de cM est plus faible, et quand votre cousin génétique n’a pas publié d’arbre généalogique.

Mais c’est un outil très utile pour ne retenir que les hypothèses les plus probables, et concentrer ses recherches sur celles-ci.

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2 réponses à « Estimer le degré de parenté grâce à l’ADN partagé exprimé en centimorgan »

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