A la recherche du couple GRAFF – SCHADENFROH : mes ancêtres bavarois introuvables


recherches généalogiques / samedi, novembre 7th, 2020

article rédigé dans le cadre du ChallengeAZ 2020

J’ai déjà rédigé de nombreux articles détaillés sur tout ce que j’ai pu découvrir sur des ancêtres lointains, avec moult détails et documents à l’appui. Mais là c’est l’inverse, je vais écrire le peu que je sais sur mes ancêtres GRAFF Jacob et SCHADENFROH Anna Maria, malgré de très longues recherches. Et essayer de comprendre pourquoi je n’ai pour l’instant pas trouvé grand chose les concernant, alors que ce sont des ancêtres relativement récents (8ème génération).

GRAFF Marguerite, la petite-fille

Ma branche GRAFF commence par Marguerite, mon arrière-arrière-arrière-grand-mère, sosa n°45.

Elle est née le 1er avril 1832 à Gros-Réderching. Sur son acte de naissance, son père GRAFF Georges est sellier et âgé de 36 ans, et sa mère ROHR Catherine est âgée de 37 ans.

A l’âge de 25 ans, Marguerite épouse WOLFF Nicolas, tissier en soie originaire de Achen, âgé de 32 ans. Sur l’acte de mariage du 27 avril 1857 à Gros-Réderching, il est noté qu’elle est fille mineure des feux GRAFF Georges, sellier, et ROHR Marie Catherine, décédés respectivement le 21 février 1857 et le 4 février 1838. Et l’acte précise même ses grands-parents paternels : GRAFF Jacques et SCHADENFROH Anne Marie, dont le dernier domicile est inconnu.

GRAFF Georges, bavarois d’origine installé dans le Pays de Bitche

GRAFF Georges, père de Marguerite, a épousé en première noce BECKER Marie le 19 octobre 1820 à Gros-Réderching.

Georges est « garçon sellier, âgé de 27 ans, natif de Buch en Bavière, fils naturel de GRAF Jacques et SCHADENFROH Anne Marie, demeurant à Hengersberg ». Les publications de mariage ont été faites « devant la principale porte de la Maison Commune le dimanche 8 et le dimanche 15 du présent mois sans opposition, et aussi à Hengersberg, d’après la page de ce pays sans opposition, par le certificat du curé du dernier lieu, et l’acte du 8 septembre dernier ».

GRAFF Georges et BECKER Anne Marie auront 4 enfants, tous nés à Gros-Réderching :
– Eve en 1818, légitimée lors de leur mariage
– Marie Elisabeth en 1821
– Adam en 1823, décédé à 5 mois
– Anne en 1824

BECKER Marie décède le 9 septembre 1825, et GRAFF Georges, veuf avec 3 jeunes enfants, se remarie 2 mois plus tard. En secondes noces, il épouse ROHR Marie Catherine, le 8 novembre 1825 à Gros-Réderching. Sur l’acte de mariage, GRAFF Georges est « maître sellier, 33 ans, natif de Buch en Bavière ».

Ils auront également 4 enfants :
– Anne Marie en 1827, décédée à 20 mois
– Marie Catherine en 1828
– Marguerite en 1832, mon ancêtre
– Jean en 1834

Enfin, sur son acte de décès le 21 février 1857 à Gros-Réderching, GRAFF Georges est sellier âge de 64 ans, domicilié en cette commune, né à Buch en Bavière.

Ces différents actes nous apprennent que :
– GRAFF Georges est né dans le village de Buch en Bavière vers 1792/1793.
– Ses parents sont GRAFF Jacques et SCHADENFROH Anne Marie
– Ses parents demeuraient à Hengersberg en Bavière lors de son premier mariage en 1820

Buch et Hengersberg en Bavière

En faisant des recherches sur GRAFF Georges et ses parents, je les ai trouvés dans quelques autres arbres sur Geneanet. Sans davantage d’informations et avec des lieux d’origines parfois bizarres.

J’ai pris le temps pour réussir à bien identifier ce Buch en Bavière dont il est question dans les actes, et j’ai fini par trouver ce qui doit être un petit hameau du nom de Buch, dans la commune de Hengersberg !

Hengersberg est aujourd’hui située dans l’arrondissement de Deggendorf, dans le district de Basse-Bavière. A quelques kilomètres du Danube, et non loin de la Tchéquie et de l’Autriche.

Identifier la « bonne » paroisse grâce au Meyers Gazetteer

Dans tous les actes concernant GRAFF Georges, il n’est nulle part fait mention de sa religion. Mais pour rechercher son baptême en Allemagne, la première chose à faire est de trouver quelles étaient les paroisses catholiques et protestantes à cette époque.

Quand on cherche des lieux anciens en Allemagne, le site de référence est Meyersgaz.org, la version digitale d’une publication qui date de 1912 !

La recherche sur « Buch » me donne plusieurs centaines de résultats différents en Allemagne, dont un qui correspondrait dans l’arrondissement de Deggendorf : Bucha, Deggendorf, Niederbayern, Bayern. Buch se serait donc appelé à l’origine Bucha, et cette page m’apprend que Bucha dépendrait du village de Seebach.

Le site permet aussi de visualiser le hameau sur une carte ancienne, et de commencer à repérer les villages alentours.

Enfin, l’onglet Ecclesiastical indique pour les villages les plus proches le nombre de paroisses/églises catholiques, de paroisses/temples protestants ou de synagogues juives.

Cela permet de cibler ses recherches dans les registres des villages les plus proches…

Si le couple GRAFF – SCHADENFROH était protestant, le registre protestant de cette région serait celui de Deggendorf.

S’il était catholique, plusieurs villages possibles, mais je commencerai les recherches par la paroisse la plus proche, Seebach, et Hengersberg d’où sont censés venir les parents.

Battue dans les registres

Par chance, une partie des paroisses catholiques de Bavière sont consultables en ligne sur Matricula, ce qui est encore rare pour des villes allemandes.

J’ai commencé une battue systématique de tous ces registres. A Seebach, pas de trace dans les naissances ou les mariages à cette époque, et plus globalement aucun GRAFF ou SCHADENFROH dans le registre…

Hengersberg est également entièrement en ligne, avec des registres complets dès 1635, et même des index couvrant plusieurs décennies qui facilitent grandement la recherche. Dans l’index des naissances (Register Taufen) de 1776 à 1802, je repère rapidement plusieurs naissances de GRAFF et SCHADENFROH qui ont eu lieu à Buch. Preuve que les actes de Buch dépendaient donc de la paroisse d’Hengersberg.

Pareil dans l’index des mariages (Register Trauungen) , où je découvre même le mariage d’un SCHADENFROH Andre avec une GRAF Maria !

Mais en consultant ensuite les actes correspondants, aucune trace de mes ancêtres, alors que des familles GRAFF et SCHADENFROH sont bien présentes à Buch et Hengersberg. Après plusieurs jours à dépouiller tous les registres de Hengersberg, mes ancêtres n’y sont pas : pas de mariage, pas d’autres enfants, pas même en tant que témoins.

Les autres paroisses proches, Deggendorf et Schwarzach n’ont malheureusement pas leurs registres sur Matricula. Je dépouille ensuite les registres de Niederalteich, mais sans résultat.

Familysearch ne possède pas non plus les registres de Deggendorf, mais a publié de nombreux contenus historiques concernant la ville, et notamment des relevés de mariage de 1600 à 1800. Mais là non plus je ne trouve rien.

Enfin, impossible de vérifier les registres protestants, ceux de Deggendorf ne sont pas encore disponibles sur Archion

Comment avancer ?

Cela fait de longues années que je suis dans une impasse sur cette branche. Le mariage de GRAFF Georges en 1820 à Gros-Réderching me dit qu’il est natif de Buch, et que ses parents vivaient encore à Hengersberg. De plus, la publication des bans a été faite à Hengersberg.

Pourquoi n’y a-t-il aucune trace d’eux dans les registres de Hengersberg ? Est-ce qu’ils y ont simplement habité, et étaient originaires d’une autre ville ? Est-ce que je n’ai pas identifié les bons villages ? Est-ce qu’ils étaient protestants, mais dans ce cas pourquoi le curé de Gros-Réderching ne l’a pas mentionné ? Est-ce que les déclarations de GRAFF Georges à son mariage étaient fausses ?

Impossible de répondre pour l’instant à ces questions. Peut-être que cet article me permettra d’attirer l’attention d’autres généalogistes qui ont aussi ce couple dans leur arbre. En attendant je vais laisser reposer ces recherches, et y revenir d’ici quelques mois avec un regard neuf…

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3 réponses à « A la recherche du couple GRAFF – SCHADENFROH : mes ancêtres bavarois introuvables »

  1. Mes souvenirs d’allemand me suggèrent que « schadenfroh » signifierait quelque chose comme « qui se réjouit du malheur (d’autrui) ». Ils doivent bien s’amuser les ancêtres Schadenfroh de cette difficulté à les retrouver aujourd’hui 😉

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