Urbach, le hameau de mes ancêtres meuniers FABER et VOGEL


recherches généalogiques / mardi, novembre 24th, 2020

article rédigé dans le cadre du ChallengeAZ 2020

Urbach est un écart de la commune d’Epping, dans le département de la Moselle. L’écart est mentionné pour la première fois en 973 sous la forme Urebach, le ruisseau de l’aurochs, bien que cette étymologie soit contestée, « ur » pouvant aussi représenter une vieille racine signifiant « eau, marais ». Une stèle figurant Mercure a été découverte sur son ban, témoignant de l’ancienneté du site.

La recherche d’ancêtres à Urbach

Si vous avez des ancêtres à Urbach, voici dans quels registres les rechercher aux Archives Départementales de la Moselle en fonction des époques, sachant qu’aucun n’est aujourd’hui numérisé…

  • avant 1773 : Urbach est rattachée à la paroisse de Volmunster

1 MIE 735 / 1 : BMS 1681-1723
1 MIE 735 / 2 : BMS 1723-1745
1 MIE 735 / 3 : BMS 1746-1754
1 MIE 735 / 4 : BMS 1755-1764
2 MI 657 / 1 : BMS 1765-1788

  • de 1773 à 1811 : Urbach possède ses propres registres

1 MIE 198 / 1 : BMS 1773-1780, 1782-1784, 1786-1789, 1792
2 MI 297 / 1 : BMS 1790
5 MI 198 / 3 : NMD 1793-1811

  • après 1811 : Urbach a été réunie à Epping

5 MI 198 / 1 : NMD 1792-1875
5 MI 198 / 2 : NMD 1876-1892
2 MI 1198 / 1 : NMD 1893-1902

Les moulins d’Urbach

Si vous avez des ancêtres meuniers au Pays de Bitche, ce livre de Joël BECK est incontournable ! Il n’est plus édité, mais trouvable en occasion, ou téléchargeable en livre numérique.

Ce livre nous apprend qu’Epping et Urbach, traversés par le Weisskircherbach et le Dorfbach qui se jettent dans la Schwalb, possèdaient chacun leur moulin communal, en plus de la Fogelsmuhle à la sortie du village d’Urbach.

J’avais prévu d’illustrer cet article avec des actes notariés issus des Archives Départementales, mais n’ai pu m’y rendre à temps pour raisons sanitaires. Aussi je reprendrai pour l’instant certaines retranscriptions du livre, et les complèterai plus tard avec les photos des actes correspondants.

FABER Jacob, dit Schoffjockel, prévôt du Comté de Bitche

Durant les premières années où je faisais de la généalogie, FABER Jacob dit Schoffjockel, a longtemps été l’ancêtre le plus lointain que j’avais pu trouver dans les archives. Il était né vers 1605 a priori à Urbach, et occupait la fonction de Prévôt du Comté de Bitche.

Karte der Grafschaft Bitsch Mitte des 17. Jahrhunderts

Ses tâches en tant que prévôt :

  • établir la liste des contribuables qu’il remettait au comptable receveur
  • rassembler le seigle versé pour le rachat des corvées, chaque village de la seigneurerie lui devait 18 litres de seigle
  • il gagnait les recettes de la taille et de la garde et de la chair, il recevait pour ses gages de l’avoine de 12 poules des villages de la sergenterie de Rimling et Bining
  • droit sur la circulation des marchandises au passage du Haut Chemin de Rimling
  • le comté lui versait des deniers pour salaire et pour l’achat d’un manteau

Jacob avait hérité de ses parents un jardin situé in der Herrenwies entre les seigneurs et les héritiers de Becker Hansen.

Il possédait un moulin et ses dépendances mais aussi des jardins, vergers, une centaine de jours de terres cultivables, une vingtaine de charrettes de foin, 20 hectares de terres à Urbach.

Le moulin de Jacob a été détruit par les guerres : façades, toitures du moulin, de la maison, de la grange, de l’étable et de l’écurie ainsi que la maçonnerie du bief.

En vieillissant, Jacob tomba malade et ne quitta plus son lit. Le 11 mars 1683, sentant sa fin proche, il fit venir à son domicile le curé d’Urbach et de Bettviller ainsi que le maire d’Ormersviller, afin de dicter son testament. Le moulin d’Urbach revint à son fils Thomas laissant à Nicolas et Angélique les terres qu’il possédait à Petit-Réderching. Le reste de ses biens furent partagés entre ses 3 enfants, sauf la vaisselle, le lit et les meubles qui ont été laissés à Thomas.

Les descendants FABER, meuniers au moulin d’Urbach

Le moulin d’Urbach est situé dans le village. Détruit pendant la Guerre de Trente Ans, le plus jeune fils de FABER Jacob, FABER Thomas (1630-1688), le fait reconstruire et emploie à cette fin ZENGEER Thomas, maître maçon, et ANDRES Georges, maître charpentier d’Ormersviller.

Thomas décède vers 1688, « ensorcelé » par une femme d’après le témoignage de RENARD Pierre de la Frohmühl. L’usine est laissée à son fils FABER Jean (1667-1742), qui possède encore une partie du moulin de Neunkirch de par son épouse MULLER Angélique.

Au décès de FABER Jean en 1742, c’est son fils FABER Jean qui conserve le moulin d’une valeur de 2 000 florins en rachetant les parts des cohéritiers, et en laissant à sa mère la jouissance d’une maison. Le moulin sera ensuite transmis à son fils FABER Nicolas, puis à SCHEYER Pierre qui épousera FABER Anne.

FABER Jacob, dit Schoffjockel 1605-1683
& Ottilia 1610-
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FABER Thomas 1630-1688
& CHAMPLON Johanna 1640-
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FABER Jean 1667-1742
& MULLER Angélique 1673-1762
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FABER Jean 1700-1779
& MEYER Marguerite 1701-1764
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FABER Nicolas 1737-1820
& WAGNER Anne Madeleine 1742-1802
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FABER Anne 1790-1860
& SCHEYER Pierre 1781-1869

VOGEL Jean Mathias, meunier à la Fogelsmühle

La Fogelsmühle est le second moulin d’Urbach, à la sortie du village.

En 1697, WUST Pierre (1655-1734) reconstruit le moulin qui avait été incendié. VOGEL Jean Mathias (1675-1735) l’occupe après son mariage en 1709 avec WUST Catherine (1690-1759), fille de WUST Pierre.

VOGEL Jean Mathias et sa famille sont régulièrement cités dans les actes de justice à cette période :

  • en 1712, un différent l’a opposé à BOSSER Jean Georges, garçon meunier au moulin de Montbronn. Jean Mathias est condamné à 50 francs d’amende pour l’avoir blessé à la tête
  • en 1715, trois ruches à miel appartenant à FABER Louis, et cinq fasses de quarangue et une grille sont volées dans la grange de VOGEL Jean Mathias. Le grain est retrouvé chez SIEGEL Jean, qui sera condamné à être battu de verges et banni des états de Sa Majesté
  • en 1725, le cadavre de VOGEL Gaspard, âgé d’environ un an, fils de Jean Mathias, est retrouvé en face de la grange au moulin, noyé au bord du ruisseau « le ventre tendu et rempli d’eau, les yeux bleu de tout »
  • en 1737, sur le bord du même ruisseau, VOGEL Angélique, sa fille de 3 ans, est retrouvé morte « toute habillée, perdue dimanche, jour d’un grand orage ».

Après sa mort, le moulin sera en partie racheté par son fils VOGEL Pierre (1710-1777), maître tanneur sur le moulin.

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2 réponses à « Urbach, le hameau de mes ancêtres meuniers FABER et VOGEL »

  1. Encore un article qui me donne envie de me plonger dans mes racines paternelles ! Suivre certains écarts n’est pas évident car effectivement, ils sont tantôt indépendant, tantôt rattachés à l’une ou l’autre paroisse ou commune. C’est dommage que l’ouvrage de Joël Beck soit épuisé, mais je l’avais consulté en ligne. Il faut que j’étudie un peu plus le moulin de Gallenmühle à Kalhausen où ont vécu deux générations de Dehlinger au 19eme siècle. Décidément, on se charge mutuellement la mule avec nos articles réciproques 😅

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