Confirmation du lien de parenté avec les WOLF de Brooklyn grâce au chromosome Y !


adn / mardi, juin 15th, 2021

Il y a quelques mois j’avais publié mes recherches généalogiques sur une branche familiale WOLF qui avait quitté la Moselle pour tenter l’aventure en Amérique en 1846, et qui s’était établie près de New York. J’avais aussi identifié un certain nombre de descendants contemporains de ces migrants, et lancé un appel à volontaires, curieux de voir s’il était possible de vérifier ces recherches généalogiques via un test ADN du chromosome Y.

Deux descendants s’étaient manifestés : De WOLFE Robert « Bob » et son fils Anthony « Tony ». Pour des raisons pratiques, c’est Tony à Brooklyn qui a fait le test Big Y de FamilyTreeDNA début avril.

Le lien de parenté généalogique à confirmer

D’après mes recherches, notre « ancêtre commun le plus proche » (en anglais MRCA = most recent common ancestor) est WOLF Jean Georges, né en 1724 à Achen.

En 1744 il épouse à Achen LAMBACHER Anne Marie. Ils auront 8 enfants, dont 3 garçons qui deviendront tous tisserands comme leur père, et dont j’ai pu retracer les branches descendantes WOLF jusqu’à nos jours.

WOLF Jean Georges est mon ancêtre WOLF en ligne directe à la 8ème génération. Et c’est aussi l’ancêtre WOLF en ligne directe à la 9ème génération de Tony, car il descend de son arrière-petit-fils WOLF Jean, né à Achen en France en 1814 et qui a pris le bateau pour l’Amérique en 1846 avec une partie de sa famille.

En utilisant la nomenclature généalogique, Robert, le père de Tony, est mon 6C (cousin au 6ème degré), et Tony mon 6C1R, « 6th cousin once removed ».

L’intérêt du test du chromosome Y

Le chromosome Y est transmis en intégralité d’un père à son fils, et ainsi de suite de génération en génération. Cela signifie que les hommes qui proviennent de la même lignée paternelle partageront toujours le même chromosome Y. Ainsi, un garçon aura le même chromosome Y que son père, son grand-père paternel ou son arrière-grand-père paternel, mais aussi que son oncle paternel, ses fils et ses cousins du côté paternel…

Si WOLF Jean Georges est bien notre ancêtre commun, je devrais avoir le même chromosome Y que Tony, avec quelques petites mutations qui peuvent apparaître à certaines transmissions, et qui permettront d’estimer à quelle période les branches se sont séparées. En effet ces mutations sont beaucoup moins fréquentes et rapides que sur les chromosomes autosomaux, donc cette analyse permet de trouver des liens de parenté beaucoup plus lointains dans le temps.

A condition toutefois qu’il n’y ait pas d’erreur dans les recherches généalogiques, et surtout qu’il n’y ait pas non plus d' »événement non filiatif » (en anglais NPE = non-paternity event), dit plus simplement que tous les WOLF affichés sur ces 2 branches aient bien été les vrais pères biologiques de leurs fils…

Tony a donc accepté de faire le test Big Y de FamilyTreeDNA, qui est l’un de seuls laboratoires à effectuer ce genre de test et où j’ai déjà réalisé le mien (comme tout test ADN il est encore interdit dans notre pays, mais FamilyTreeDNA livre tout de même sans problème son kit en France).

Les résultats de l’analyse Y

FamilyTreeDNA propose plusieurs tests du chromosome Y, selon le nombre de marqueurs STR analysés : Y-37, Y-111 et le Big Y-700, qui est aujourd’hui le plus complet mais aussi le plus cher.

Dans ce test, on compte le nombre de séquences répétées sur un marqueur donné. Plus il y a de marqueurs ayant le même nombre des séquences répétées entre deux individus, plus il y a de chance qu’ils soient issus du même ancêtre patrilinéaire.

Avant de faire tester Tony, j’avais très peu de matchs sur le chromosome Y : aucun match à 111 marqueurs, aucun match à 37 marqueurs, juste quelques-uns à 25 donc beaucoup trop éloignés dans le temps et pas exploitables(voir les premiers résultats de mon analyse du chromosome Y)

Comme les résultats du Big Y prennent plus de temps qu’un test classique, FamilyTreeDNA publie des résultats intermédiaires déjà sur 111 marqueurs. Ainsi un mois après le test de Tony, le résultat tant attendu est arrivé, Tony est mon premier match sur 111 marqueurs : nous avons une distance génétique de 6, c’est-à-dire que sur 111 marqueurs nous en avons 105 identiques ! C’était généalogique, c’est désormais aussi génétique, le lien de parenté entre nos familles WOLF des 2 côtés de l’Atlantique est confirmé !

Pour que ce soit plus explicite, FamilyTreeDNA donne une estimation du lien de parenté possible avec une distance génétique de 6 sur 111 marqueurs :

En clair, il ya 76% de chance que nous ayons un ancêtre commun à 8 générations, et 95% de chance que ce soit à 12 générations. En l’occurence notre ancêtre commun est à 9 générations, ça correspond !

Autre indice intermédiaire, FamilyTreeDNA a fait une première estimation de l’haplogroupe de Tony a R-M269, ce qui correspond aussi à l’haplogroupe qui m’avait été attribué lors de mon analyse intermédiaire.

Les résultats du Big Y-700

Deux mois après, les résultats du Big Y sont disponibles, et affinent les résultats intermédiaires. Sur les 617 marqueurs analysés, nous n’avons toujours que 6 marqueurs différents, preuve que notre ancêtre commun est relativement proche dans le temps car nos chromosomes Y ont subi peu de mutations.

Et surtout FamilyTreeDNA a analysé plus précisément les SNP de son chromosome Y et donc l’haplogroupe de Tony est passé de R-M269 à R-FGC34165, exactement comme le mien !

Les prochaines étapes

Maintenant que j’ai un match Y confirmé et proche, l’outil Big Y Block Tree de FamilyTreeDNA va m’être plus utile. FamilyTreeDNA me situait pour l’instant sur la ligne blanche R-FGC34165, une branche qui s’est formée il y a environ 2700 ans d’après YFull. Je n’avais aucun match avec un ancêtre commun plus récent sur la lignée patrilinéaire.

Ils vont maintenant analyser manuellement mes 25 variants privés, pour vérifier quels sont ceux que je partage avec Tony, et déterminer pour chacun de nous un haplogroupe beaucoup plus récent, qui devrait correspondre en théorie à la séparation de nos 2 branches WOLF il y a plus de 250 ans…

Pour aller encore plus loin, la méthode employée notamment par les généalogistes canadiens, serait de faire tester un 3ème descendant d’une autre branche, pour trianguler et déterminer la « signature génétique » précise de l’ancêtre commun.

Mais bon tout ça est finalement encore très technique, et beaucoup moins visuel que pour les tests autosomaux, et à ce stade je suis surtout ravi que le test ADN-Y ait confirmé mes recherches généalogiques démarrées il y a plusieurs années sur cette branche, quelle satisfaction !

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3 réponses à « Confirmation du lien de parenté avec les WOLF de Brooklyn grâce au chromosome Y ! »

    1. Merci Brigitte 🙂
      C’était un peu un coup de poker mais c’est top quand les résultats confirment une parenté si lointaine. Et puis j’espère que je vais réussir à convaincre d’autres branches de participer au projet grâce à cette histoire…

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