Exploring Family Trees : un outil innovant (et un peu geek) pour visualiser sa généalogie


recherches généalogiques / lundi, avril 20th, 2020

J’ai toujours été fasciné par les outils de data visualization (dataviz pour les intimes), qui permettent de représenter visuellement des informations complexes et volumineuses pour mieux les comprendre. A titre d’exemple, j’adore le schéma Genealogy of Pop/Rock Music réalisé par Reebee Garofalo, et vous trouverez aussi une sélection d’infographies très réussies sur le site du livre Information is Beautiful.

Quand on fait de la généalogie, on a souvent besoin d’avoir une vision d’ensemble de l’avancée de ses recherches, des points de blocage, de comprendre les liens entre certaines branches, etc. Mais les différents visuels « classiques » atteignent rapidement leurs limites : difficile d’imprimer des arbres au-delà des 10 générations, ou de les déchiffrer sur un seul écran…

Depuis quelques mois, j’ai découvert l’outil Exploring Family Trees, développé par Brad Lyon, qui me donne une toute nouvelle vision de ma généalogie ! C’est un outil gratuit, encore en version beta, qui s’utilise uniquement dans un navigateur.

Préparer des fichiers généalogiques à visualiser

Pour utiliser Exploring Family Trees c’est très simple, il suffit d’exporter votre généalogie dans un fichier au format Gedcom à partir de votre logiciel classique de généalogie (ou du site que vous utilisez habituellement) et de l’uploader pour pouvoir le visualiser et en exploiter différemment toutes les données. Mais vous allez vite vous rendre compte qu’il ne faut pas envoyer n’importe quel volume de données.

Un problème de taille : si vous envoyez un fichier Gedcom contenant trop de données, l’outil n’arrivera pas à l’afficher et risque de planter le navigateur. Impossible par exemple d’utiliser mon fichier Gedcom de 30 000 individus, j’ai donc fait plusieurs fichier Gedcom de taille différentes (pas en Mo, mais en nombre d’invididus), pour voir lesquels étaient acceptables.

Mais j’ai surtout préparé plusieurs fichiers Gedcom avec des contenus différents pour avoir des analyses variées :

  • plusieurs fichier de mon arbre ascendant, sans collatéraux, sur
    • 20 générations
    • 30 générations
    • 40 générations (impossible à afficher)
  • des arbres descendants complets de mes plus lointains ancêtres des familles WOLF, AST, SADLER et SCHALLER
  • l’arbre généalogique de mes filles à 7, 8 et 10 générations
  • l’arbre descendant de Charlemagne

Après avoir uploadé le fichier Gedcom, on vous suggère de paramétrer l’arbre en recherchant l’individu « racine », et il faut ensuite sélectionner le picto arbre ascendant (celui de gauche).

La vue de mon arbre généalogique à 20 générations

Premier test concluant, voir mon arbre à 20 générations, à partir d’un fichier de 2 860 ancêtres. Au bout d’1 minute (où on a l’impression qu’il ne se passe rien mais c’est normal), la visualisation apparaît .

Et c’est la première fois que j’ai une vue globale de 20 générations de mon arbre ! Chaque point représente un ancêtre. Particularité de l’outil : la mère est à gauche, le père à droite contrairement au standard des arbres généalogiques. J’ai l’option d’afficher les noms, mais dans cet exemple celà rendrait tout de suite le graphique inexploitable.

Et sans aller plus loin cette image est déjà riche en enseignements :

  • je peux situer les différentes générations dans le temps grâce aux frises chronologiques sur les côtés
  • je remonte grosso-modo jusqu’à 1600-1650 sur la majorité des branches
  • les traits horizontaux entre les branches correspondent à des implexes, car j’ai des ancêtres qui se retrouvent à plusieurs endroits de mon arbre comme je descends de plusieurs de leurs enfants
  • je peux distinguer plusieurs branches, plus verticales, qui dépassent la limite des registres (1600-1650) et qui correspondent aux branches citées dans les actes notariés ou les généalogies anciennes de la noblesse
  • certaines de ces branches verticales vont au-delà des 20 générations et de l’an 1300, je testerai par la suite des fichiers à 30 et 40 générations pour les analyser davantage

Au survol de la souris , je peux avoir plus de détail sur mon ancêtre, issus du fichier Gedcom, et des calculs sur ma relation avec lui (% d’ADN potentiellement transféré, génération, etc). C’est notamment utile pour repérer quelles sont les branches qui émergent de l’arbre.

Dans l’onglet Options, j’ai la possibilité de jouer avec différents paramètres pour afficher les données de mon arbre.

L’affichage des noms n’est pas pertinent dans mon exemple. De toute façon, si je veux « naviguer » entre les branches de mon arbre, les logiciels et sites de généalogie sont beaucoup plus efficaces.

Par contre l’option drapeaux (Flags) est très instructive, car elle affiche le drapeau du pays de naissance de chaque ancêtre (quand je l’ai trouvé). Je peux distinguer ainsi visuellement l’origine de certaines branches.

A droite, du côté de mon père, des origines majoritairement françaises, et des branches allemandes et suisses qui émergent.

A gauche, du côté de ma mère, une branche allemande assez récente (mon arrière-grand-mère Katharina MAUL), et quand on remonte le temps, de nombreuses autres branches allemandes, suisses, autrichiennes, hollandaises, luxembourgeoises. Avec une branche allemande et anglaise qui va au-delà de 1300.

Il existe encore d’autres options que je vous laisserai découvrir par vous-même, comme l’affichage de la durée de vie de chaque ancêtre, les lieux de naissance (mais uniquement pour les Etats-Unis), etc.

La vue de mon arbre généalogique à 30 générations

Comme vu précédemment, j’ai des branches qui vont au-delà des 20 générations. Comment se présente la visualisation de mon arbre à 30 générations, à partir de mon fichier Gedcom contenant 4 773 ancêtres ? Après upload, l’arbre met déjà nettement plus de temps à s’afficher…

30 générations permettent d’afficher un millénaire entier !

Et ces 10 générations de plus changent fortement l’aspect visuel de l’arbre. Il « penche » nettement plus à gauche, du côté de ma mère, car la forme s’adapte et laisse davantage de place pour les branches hautes les plus fournies.

Les quelques branches verticales qui dépassaient de l’arbre précédent vers 1300-1400 finissent toutes par se rejoindre autour de 1000-1100, dans les grandes dynasties royales européennes (Capétiens en France, Ottoniens en Germanie, Normands en Angleterre, …). D’où à nouveau les nombreuses branches horizontales qui caractérisent les mariages croisés entre ces familles, et un grand mix des différentes nationalités…

La vue de mon arbre généalogique à 40 générations

Enfn, j’ai tenté d’exploiter un fichier Gedcom à 40 générations, contenant 7 440 ancêtres. Après plusieurs minutes d’attente l’outil parvient à m’afficher un arbre… mais on atteinte clairement la limite technique. Impossible à manipuler, et surtout illisible tant les branches se superposent entre les années 800 et 1000.

Mes ancêtres à partir de Charlemagne

Autre test non concluant : l’arbre descendant de mes ancêtres en partant de Charlemagne. L’outil parvient à l’afficher mais, les branches sont top écrasées pour pouvoir l’exploiter…

L’arbre de mes filles : un arbre très européen

J’ai aussi envoyé l’arbre ascendant de mes filles, en le limitant à 7 générations pour bien distinguer les branches et avoir un arbre assez « équilibré ».

On distingue bien les différentes origines des branches : Ecosse, Angleterre, Pays de Galle, Irlande, Suède, France et Allemagne !

La visualisation des arbres descendants

J’ai procédé de la même façon pour mes ancêtres les plus lointains sur les 4 patronymes que j’étudie : WOLF, AST, SADLER et SCHALLER.

Le premier, WOLF Louis est né vers 1650 à Achen. Les branches sont majoritairement françaises. Avec une branche particulière : un des descendants à émigré en Ukraine à la fin du 18ème siècle, ces familles y ont vécu environ 4 à 5 générations, et les nouvelles branches ont ensuite toutes migré aux USA et au Canada : ce sont notamment mes lointains cousins WOLFE, qui étaient venus nous visiter en Moselle en 2005.

Pour les SADLER, les branches descendantes sont 100% françaises donc le visuel avec les drapeaux ne m’apporte rien. Mais en activant l’option « labels » je peux entre autres faire apparaître les noms de famille. Et visualiser par exemple tout à gauche la branche SAITLER dont j’ai étudié récemment la transformation du patronyme dans la région de Toul, ou à l’extrémité droite mon lien de parenté avec le chef étoilé Michel ROTH découvert via Geneastar.

Concernant les AST, dont l’ancêtre le plus ancien est né à Altheim vers 1600, juste de l’autre côté de la frontière allemande, l’arbre fait apparaître des branches descendantes dans 3 zones principales, l’Allemagne, la France, et depuis 1832 les USA le couple AST-MOUTIER s’est établie avec 3 enfants en bas-âge, et y a fait souche avec de nombreux descendants AST ou AUST dans l’état de New-York.

Enfin l’arbre des SCHALLER, famille ancienne originaire du Vorarlberg en Autriche, a une forme très étendue, avec de nombreuses branches SCHALLER en France. Mais je sais que c’est un patronyme encore répandu à Dalaas en Autriche, et que j’ai à rechercher dans les registres autrichiens pour trouver les branches qui n’ont pas quitté les montagnes.

Les autres usages d’Exploring Family Trees

Exploring Family Trees n’existe que depuis 4-5 ans, mais est encore en version beta, le développeur est toujours à l’écoute de suggestions… Ainsi on peut par exemple l’utiliser pour calculer et visualiser les % théoriques d’ADN transmis entre les membres d’un même arbre. Ce que je n’ai pas encore exploité.

Il permet aussi de repérer les « anomalies » entre les dates pour pouvoir les corriger dans son logiciel de généalogie, ou de consulter des statistiques sur les individus du fichier : nombre d’enfants, durée de vie, etc. Même si dans mes exemples ce n’est pas exploitable car je suis obligé de limiter les arbres aux ancêtres directs.

Enfin, il propose des exemples d’arbres historiques pour pouvoir les manipuler et tester toutes les fonctionnalités, comme ceux de Cléopatre, de la monarchie britannique, ou des Seigneurs des Anneaux.

Si vous avez testé Exploring Family Trees, je suis curieux de savoir quelles options vous ont permis d’explorer votre généalogie avec un nouvel angle. Laissez moi vos trouvailles en commentaires !

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