Depuis avril 2026, une partie considérable des archives du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (NSDAP), le parti nazi allemand, est devenue consultable en ligne par le grand public. L’annonce a provoqué un immense écho médiatique en Allemagne et à l’international. Mais derrière les titres sensationnalistes évoquant « les fichiers secrets du parti nazi », il faut prendre le temps de comprendre ce que sont réellement ces archives, comment elles fonctionnent, et surtout ce qu’elles peuvent, ou ne peuvent pas, révéler sur une famille.
De quelles archives parle-t-on exactement ?
Les documents désormais accessibles sur le site du journal DIE ZEIT correspondent principalement à la gigantesque « Mitgliederkartei » du NSDAP, autrement dit le fichier des membres du parti nazi.
Le fichier des membres se divise en deux fonds :

- Zentralkartei (fichier central) : 4,5 millions de membres
- Gaukartei (fichier régional) : 8,2 millions de membres
Chaque adhérent au NSDAP faisait l’objet d’une carte administrative contenant diverses informations :
- nom et prénom
- date et lieu de naissance
- profession
- adresse
- date d’adhésion
- numéro de membre
- parfois des annotations administratives supplémentaires.
Ce qui change aujourd’hui, ce n’est pas l’existence de ces archives, les historiens les connaissaient déjà depuis longtemps. La véritable révolution est ailleurs : elles deviennent désormais beaucoup plus facilement consultables par des particuliers, des descendants et des généalogistes.
Pour les familles d’origine allemande, autrichienne, mais aussi mosellane ou alsacienne, cela ouvre des perspectives inédites. Beaucoup de descendants vont désormais taper un nom de famille… et découvrir soudain une fiche d’adhésion au parti nazi concernant un grand-père, un arrière-grand-oncle ou un cousin éloigné. Et c’est là que commence la partie la plus délicate.
Retrouver un ancêtre dans le fichier nazi : ce que cela signifie réellement

Il faut être extrêmement prudent face à ces documents.
La présence d’un ancêtre dans le fichier du NSDAP signifie une chose précise : cette personne a été enregistrée comme membre du parti nazi. Mais cette information, seule, ne raconte presque rien.
Elle ne permet pas automatiquement de savoir :
- quel était son degré d’engagement idéologique
- s’il était convaincu ou opportuniste
- actif ou passif
- volontaire ou soumis à une pression professionnelle
- simple adhérent administratif ou militant engagé
C’est probablement le plus grand risque médiatique autour de ces archives : transformer un document administratif en jugement moral immédiat. Or la réalité historique est infiniment plus complexe.
Avec le recul historique, il peut être tentant d’imaginer que toute adhésion relevait forcément d’une adhésion fanatique au nazisme. Mais dans la réalité des années 1930 et 1940, les situations étaient souvent beaucoup plus nuancées.
Certaines personnes adhéraient par conviction idéologique. D’autres pour protéger leur carrière.
Ou parce qu’il devenait difficile de travailler dans certains secteurs sans affiliation politique.
Parfois simplement pour éviter des problèmes administratifs. Ou parce que tout l’environnement social basculait progressivement vers le parti.
Cela n’efface évidemment pas la responsabilité historique du régime nazi. Mais cela rappelle qu’une fiche d’adhésion ne suffit jamais à résumer une existence humaine. La généalogie demande précisément de résister aux raccourcis.
Le choc des découvertes familiales
L’article « Dass Uropa in die NSDAP eingetreten ist, war nicht Teil der Legende » (« Le fait que mon arrière-grand-père ait adhéré au parti nazi ne faisait pas partie de la légende ») sur DIE ZEIT montre très bien un phénomène qui commence déjà à apparaître : des familles découvrent soudain un passé dont personne ne parlait plus. Et cela peut être extrêmement déstabilisant.
Depuis des décennies, beaucoup de familles allemandes vivent avec des silences autour de la guerre. Souvent, les générations nées après 1945 n’ont reçu que très peu d’explications.
Parfois les grands-parents « ne racontaient rien ». Parfois les dossiers avaient disparu. Parfois certains proches avaient volontairement réécrit leur histoire après-guerre. Ces nouvelles archives viennent donc rouvrir des mémoires familiales parfois enfouies depuis 80 ans.
Et les réactions peuvent être très différentes :
- curiosité historique
- malaise
- besoin de comprendre
- culpabilité familiale
- ou au contraire soulagement de pouvoir enfin documenter certaines zones d’ombre.
Comment rechercher sur DIE ZEIT ?
Pour pouvoir accéder au service, il faut être abonné au magazine en ligne DIE ZEIT. Si vous voulez faire quelques recherches ponctuelles, je vous recommande de vous abonner avec l’offre 4 semaines pour 1€, annulable à tout moment pendant les 4 semaines (mais il faudra les appeler ou leur envoyer un e-mail pour stopper l’abonnement…).
Un moteur de recherche unique vous permet de rechercher les fiches individuelles des membres qu’elle soient dans le fichier central ou dans le fichier régional.
La recherche se fait par nom de famille ou prénom et nom de famille (mais attention l’ordre nom de famille et prénom ne fonctionne pas).
La page affiche les réponses 6 par 6, ce qui est peu pratique quand il y en a plusieurs centaines… mais vous pouvez ensuite filtrer si nécessaire par année de naissance, lieu de naissance et région.

Pour afficher ensuite la version scannée de la fiche, il suffit de cliquer sur la vignette.
J’y ai ainsi découvert la fiche de mon grand-père SADLER Jacques !
Voici justement un exemple d’une « adhésion » non volontaire, il a été inscrit vraisemblablement au NSDAP quand il a été incorporé de force comme malgré-nous dans l’Armée Allemande.
On lit sur sa fiche qu’il était instituteur, né le 11.3.1918 à Fraulautern, et vivait à l’école de Kadenbronn (Cadenbronn) dans le Gau Westmark (qui correspondait au Palatinat allemand + la Lorraine).
Rien d’autre n’est renseigné, comme sur la majorité des fiches individuelles…

J’ai effectué d’autres recherches sur des branches collatérales de ma famille (les frères, soeurs et descendants de mon arrière-grand-mère Allemande MAUL Katharina), mais elles n’ont rien donné.
On peut également parcourir les fiches par ordre alphabétique, et je constate que parfois certaines fiches ont quelques annotations faites à la main, ou contiennent des photos d’identité.

Pour compléter le moteur de recherche, DIE ZEIT a extrait des statistiques de ces millions de fiches, pour en faire une analyse historique.
Par exemple, le nombre total des adhésions au NSPAD par période (ne tient pas compte des personnes qui ont quitté le parti ou sont décédées).

Vous avez fait des découvertes ? Vous pouvez l’indiquer sur le site, et vous pourrez y lire également les nombreuses réactions d’Allemands qui témoignent de ce qu’ils ont trouvé concernant leurs familles !



Bonjour, peut on interroger les fichiers du parti nazi aux usa sans passer par die Zeit?
G.Chalvet
Bonjour,
Oui vous avez raison, ces fiches ont été microfilmées par les Archives Américaines, et sont disponibles (gratuitement) à cet endroit :
https://catalog.archives.gov/id/12044361
Mais le moteur de recherche est assez inefficace, il faut la plupart du temps consulter plusieurs centaines de fiches pour trouver la bonne.
Ce que DIE ZEIT apporte, c’est la facilité d’accéder aux fiches, mais ce sont effectivement les mêmes bases de données.
Bonjour pourriez vous m aider je cherche désespérément une famille en Allemagne ou en Autriche car mon grand-père a eu une fille avec une femme pendant la 2ème guerre mondiale il était prisonnier près de Vienne dans le stalagXVIIA puis dans une ferme son nom était paul toublan merci pour votre aide
je vous envoie un message privé