Plus d’un million et demi de soldats français ont été faits prisonniers lors de la débâcle de 1940, passant jusqu’à cinq années de captivité en Allemagne. Cet épisode massif de la Seconde Guerre mondiale est pourtant souvent resté dans l’ombre de la mémoire collective, éclipsé à la Libération par les récits de la Résistance et de la déportation.
C’est précisément pour raviver cette mémoire et transmettre l’histoire de ces hommes que l’association ADAPG (Association des Descendants des Anciens Prisonniers de Guerre) a mis en place une exposition très complète, en partenariat avec le Mémorial et Musée de Trutzhain et la participation du Souvenir Français. Cette exposition itinérante est actuellement visible à la Mairie de Paris Centre jusqu’au 20 septembre.
Je m’y suis rendu cette semaine pour parcourir les panneaux et les archives présentées. L’exposition fait un travail remarquable de pédagogie, remettant au centre de notre attention le quotidien de ces soldats oubliés, de leur capture à leur difficile retour au pays.



Le documentaire « Nos chers prisonniers »
Dans le cadre de cet événement, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection du documentaire Nos chers prisonniers, réalisé par Éric Deroo. Ce film, soutenu par le ministère des Armées et diffusé pour la première fois sur Histoire TV en 2024, offre un regard poignant sur la détention : la faim, le froid, le travail forcé, mais aussi les terribles marches à la fin de la guerre.
Avec d’incroyables archives d’images filmées « sous le manteau » dans les camps et des témoignages d’anciens prisonniers, il aborde avec beaucoup de justesse les 5 ans de captivité puis le retour de ces hommes, d’abord accueillis avec émotion, puis rapidement marginalisés dans la grande narration de l’après-guerre.
Il permet surtout de comprendre que la captivité ne s’arrête pas nécessairement au moment où les soldats retrouvent la France. Il faut ensuite reprendre une vie normale après cinq années passées loin des siens, dans des conditions que les proches ne peuvent pas toujours comprendre…
Que peut-on retrouver aujourd’hui ?
Je suis régulièrement amené à rechercher le parcours de prisonniers de guerre français de la Seconde Guerre mondiale, pour le compte de familles qui souhaitent mieux comprendre ce qu’a vécu un père, un grand-père ou un arrière-grand-père durant ces années de captivité.
Ces recherches m’amènent notamment à consulter les fonds conservés au Service historique de la Défense (SHD) de Caen, qui constituent une source essentielle pour retrouver la trace d’un prisonnier, reconstituer son parcours et, lorsque les documents le permettent, apporter des réponses aux descendants. Le Centre des archives de Caen conserve aujourd’hui des kilomètres de dossiers et de fichiers consacrés notamment aux victimes des deux conflits mondiaux et aux opérations de rapatriement des prisonniers de guerre.



Derrière chaque matricule, chaque fiche et chaque dossier se trouve en réalité une histoire familiale. C’est aussi ce qui rend ces recherches passionnantes : redonner un parcours, des lieux et des événements à un homme dont la mémoire familiale ne conserve parfois que quelques bribes.
Si vous souhaitez que je vous accompagne dans les recherches sur le parcours militaire de votre ancêtre, n’hésitez pas à me contacter.

